vendredi 18 octobre 2024

Thierry Goor, l'entrepreneur qui veut "ressusciter" la Galerie Bortier

Thierry Goor est un entrepreneur belge né en 1957, fils de Cécile Goor, femme politique membre du PSC tendance CEPIC.

Après plusieurs années dans la communication, notamment pour le Casino de la Ville de Bruxelles, cet entrepreneur, qui se dit parti de rien, cofonde en 2006, avec son associé Pascal Lambert, la société Polygone. Après une ascension rapide et une entrée fracassante en Bourse, à Bruxelles et à Paris en 2010, Polygone se retrouve rapidement dans l'oeil du cyclone. Un transfert des activités de Polygone vers une nouvelle structure éphémère, appelée The Manifest sera acté en janvier 2012 et en octobre de la même année, la faillite de Polygone est prononcée.

Thierry Goor se tourne alors vers la création de Food markets et fonde la S.A. Choux de Bruxelles avec Pascal van Hamme. Issus l'un et l'autre d'un milieu aisé et pouvant compter sur un carnet d'adresses bien rempli, ils investissent rapidement des lieux emblématiques et/ou de prestige de la capitale et de Knokke-le-Zoute, ville de la côte belge fréquentée par de nombreux hommes d'affaires que, par son entourage familial, Thierry Goor connaît bien. Il fondera d'ailleurs la Gazette du Zoute pour ce qu'il considère comme sa ville d'adoption, longtemps dirigée par Léopold Lippens, frère de Maurice Lippens, coprésident du groupe Fortis et propriétaire de nombreux lotissements, ainsi que golf, du club de tennis et du Zwin.

Début 2024, au terme d'un processus de découragement et d'éviction de la plupart des libraires de la Galerie, la Régie foncière de la Ville de Bruxelles confie la gestion de la Galerie Bortier à la S.A. Choux de Bruxelles, société faîtière d'un véritable empire de micro-sociétés. Une opération peu transparente, dénoncée par une pétition de plus de 13.000 signataires contre la mise à mort de la "Galerie des Bouquinistes", un patrimoine de 176 ans, au profit d'un énième food-market dans un centre-ville où les commerces de bouche sont déjà surreprésentés.

Cette transformation de la Galerie en Food court est en outre dénoncée sur le plan juridique, car elle serait contraire au PRAS (Plan Régional d'Affectation au Sol). En septembre 2024, lors des travaux, un panneau en marbre et un médaillon en fonte, éléments de la Galerie Bortier classés depuis 1996, sont endommagés par un décapage visiblement trop agressif.

L'ouverture, sans cesse reportée, est prévue pour le printemps fin septembre octobre le 14 le 22 novembre 2024. 

Mais la sauce a du mal à prendre et dès le mois de juillet 2025, le Polpo, le Naanry et Dierendonckx (annoncé comme un "commerce de proximité" mais qui ne proposait que des burgers) quittent le navire. 

Ils sont remplacés, plusieurs mois plus tard, par une pizzeria, un burger-frites, et le KAWA s'installe comme comptoir à la place du Dierendonckx. La salle 7, baptisée "Café littéraire", devient le salon de thé du Kawa et la salle à manger du Mezzeway qui n'a qu'un comptoir et pas d'espace pour les clients.

Après le Wolf, le Fox et la Galerie Bortier... le RATZ ! 

En février 2024, la pré-ouverture du Ratz, street food qui surfe sur "'l'identité asiatique", fait un bad buzz sur les réseaux sociaux qui dénoncent l'image négative et colonialiste véhiculée par le "concept" : nids de poule dans le revêtement en béton, eau qui dégouline, pauvreté reconstituée pour le plus grand plaisir de riches blancs qui viennent s'encanailler dans cette atmosphère  "authentique" : tout un programme!  

Thierry Goor se défend (et menace de "poursuites judiciaires pour harcèlement") en évoquant Pairi Daïza (!) et en parlant d'un simple DÉCOR.

Et c'est bien là le problème : cette pauvreté supposée représentée "l'Asie" n'est qu'un simple décor, tout comme les librairies encore présentes de la Galerie Bortier, tellement instagrammables, et les libraires, de simples figurants ! 

Le décor, faire-valoir du food court, et le food-court, attrape-mouches de clients qui viennent... boire !   

Dans ce concept, même les restaurateurs ne sont que les figurants d'un décor. Sous couvert de "tout le monde est logé à la même enseigne", le développeur du projet prend 15% sur leur chiffre d'affaires.
Mais ce qu'il ne dit pas, c'est qu'il se réserve l'exclusivité sur les boissons, les marques et surtout ce que rapportent ces vins, cocktails et Spritz !

Au final, le core business de ces food courts, ce n'est donc pas le food, ce sont les DRINKS ! 

  

 Photo septembre 2024

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